De nos jours, le R.E.A.A. couvre l’ensemble des degrés, du 1er au 33ème et il est l’un des systèmes des « hauts-grades maçonniques », le plus pratiqué dans le monde.

En revanche, ses trois premiers degrés, rédigés plus tardivement, sont beaucoup moins connus en dehors de l’Europe continentale, quoique des plus pratiqués en France à l’exemple de la G.L.D.F. dont le R.E.A.A. est le seul Rite en vigueur.

Le R.E.A.A. est d’abord apparu dans les degrés dits supérieurs pour seulement après, couvrir les 3 premiers degrés, en Loges dites « bleues ».

La naissance officielle du R.E.A.A. date du 31 mai 1801 avec la création du premier Suprême Conseil du 33ème degré aux Etats-Unis d’Amérique, suivie, en ce qui concerne la France, par celle du Suprême Conseil du 33ème degré, le 20 octobre 1804.

C’est donc l’interpénétration du Rite de Perfection de tradition anglaise des Anciens,  avec certains grades écossais pratiqués à l’époque en France et transmis en Amérique via les îles entre 1767 et 1801, qui donnera naissance au Rite Ecossais Ancien et Accepté en 33 degrés.

En 1829, le Suprême Conseil met en application dans ses Loges symboliques ses premiers rituels « R.E.A.A. – Rituel des trois premiers degrés selon les anciens cahiers – 5829 ».

En 1875, le Convent de Lausanne prendra une décision toujours retenue par le R.E.A.A. : « l’affirmation d’un Principe créateur et le respect de la liberté de conscience ».

Au cours de cette lente gestation de la Franc-Maçonnerie Moderne débutée en 1717, une idée s’est répandue en France, en 1736-37 avec le Discours de Ramsay, celle d’une Maçonnerie renouvelée par la Chevalerie. Ramsay a voulu expliquer l’origine historique de la Maçonnerie en la faisant remonter aux croisades et à l’époque du début de la construction des cathédrales, établissant un lien avec un passé médiéval.

Ainsi, la formulation de Ramsay : « la construction de temples pour les vertus et de cachots pour les vices » est conservée aujourd’hui encore par le R.E.A.A.

Ramsay n’a pas créé les grades écossais ou les hauts-grades, mais il allait inspirer la naissance de nouveaux grades chevaleresques.

La mixité au sein du R.E.A.A., apparait le 14 janvier 1882, lorsque la Loge « Les Libres Penseurs » de la Grande Loge Symbolique Ecossaise, initie Maria Deraismes, journaliste et militante féministe. Depuis son initiation en 1882, Maria Deraismes a continué son combat en faveur de l’initiation des femmes. Avec le soutien de Georges Martin, elle fonde en France en 1893 une nouvelle forme de maçonnerie, mixte, avec le titre de Grande Loge Symbolique Écossaise Le Droit Humain dans le but d’introduire les femmes dans les Loges. Le rituel R.E.A.A. de 1829, a été transmis par des générations de Francs-Maçons d’abord sous les auspices du Suprême Conseil pour la France jusqu’à la fin du XIXe siècle, puis de la Grande Loge de France (G.L.D.F.) jusqu’à ce jour. La Grand Loge Nationale Française (G.L.N.F.), après avoir hérité du R.E.A.A. en 1965, l’a retenu comme élément de base de son premier rituel R.E.A.A. (dit « Cerbu ») à partir de janvier 1973. La Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (G.L.A.M.F.) a fait de même lors de sa création en 2012.

Les ateliers de notre Fédération et le R.E.A.A

Notre intérêt pour le R.E.A.A. porte essentiellement sur 2 points :

1/ Le Grand Architecte de l’Univers.

Notre quête étant basée sur l’existence d’un principe créateur, nous avons choisi le R.E.A.A. pour son invocation au G.A.D.L.U.

Le Rite Écossais travaille non pas à la gloire de Dieu mais à celle du Grand Architecte de l’Univers en précisant le fait que le G.A.D.L.U. n’est pas nécessairement Dieu, mais un symbole, un concept, un Principe ineffable et inaccessible.

Cette lecture ésotérique des symboles est au cœur de notre démarche initiatique.

2/ Le R.E.A.A. puise son symbolisme des 2 premiers degrés, dans les corporations de bâtisseurs qui eux-mêmes sont les héritiers d’un savoir ancestral.

La Franc-Maçonnerie telle que nous la pratiquons aujourd’hui, est l’évolution d’une tradition initiatique dont l’expression opérative des bâtisseurs tend au XVIIème siècle vers un fonctionnement ésotérique et spéculatif. Les grands chantiers ne sont plus si nombreux !

N’oublions pas que nos mythes et légendes « bibliques » sont partagés avec les  grands Ordres du Compagnonnage (Salomon, Maître Jacques et le Père Soubise).

Les membres des Loges de la FLTS qui souhaitent poursuivre leur parcours au sein du R.E.A.A au delà des trois premiers grades peuvent adhérer au SCIO (Suprême Conseil Indépendant d’Occitanie) en Loge de perfection (4/14) chapitre (15/18) Aréopage (19/30) souverain Tribunal (31ème) Grand consistoire (32ème) Conseil Suprême (33ème)